Prendre aux pauvres pour donner aux riches….
vendredi 18 avril 2008 par Jacques Meyer
Prodigue avec les riches, pingre avec les précaires. Voilà la ligne de conduite budgétaire que semble avoir fixé N. Sarkozy. Après avoir accordé plus de 15 milliards d’euros de réductions fiscales aux ménages les plus aisés, le Président accuse les politiques sociales d’être responsables du déficit et de la dette de l’État. Une mauvaise foi qui vise à faire payer aux classes moyennes et populaires les cadeaux accordés à une minorité.
« Notre niveau de dépenses publiques est une anomalie au sein des pays développés », expliquait le Président de la République en préambule de son intervention, le 8 avril, sur la réforme de l’administration territoriale de l’État, réquisitoire contre la protection sociale à la française.
Toutefois, N. Sarkozy nie toujours concocter un plan de rigueur pour sortir de la crise. « Pas de coup de rabot », martèle-t-il. Il s’apprête pourtant à entailler sévèrement les prestations sociales. Sans parler d’une augmentation brutale et non programmée des tarifs du gaz de 5%. Cette hausse cumulée à celle de 4% mise en place en janvier, représente une ponction annuelle moyenne de 80 euros. Une hérésie à l’heure où Gaz de France dégage 2,5 milliards d’euros de bénéfices et un vrai coup de bambou pour le portefeuille de 11 millions de Français. Comble de cynisme, le titre GDF gagnait plus de 1% sur le marché boursier, quelques dizaines de minutes seulement après l’annonce de l’augmentation des tarifs.
Autre chapitre du grand livre de la rigueur, les tarifs sociaux de la SNCF.
Que penser donc de cette volte-face sur la carte « famille nombreuse » sinon que ce retournement de situation est loin d’être sincère ?
Comment ne pas imaginer que dès que le soufflet sera retombé, le gouvernement tentera à nouveau de s’attaquer à ce qu’il estime être une dépense de trop pour l’État ? Le fait d’avoir émis cette idée illustre clairement la façon dont N. Sarkozy et son gouvernement veulent équilibrer leur budget : faire payer à tous les Français les réformes bénéficiant aux plus nantis.
D’ailleurs, la sortie de R. Bachelot sur le désengagement de la Sécurité Sociale sur les lunettes, en est un nouvel exemple. Les franchises médicales n’étaient apparemment qu’un hors d’œuvre…
Nicolas Sarkozy s’était autoproclamé « Président du pouvoir d’achat ». Il aurait dû préciser qu’il s’agissait seulement du pouvoir d’achat des plus favorisés.
Jacques Meyer
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